novembre 26, 2022

Ave Maria de Vasilov, « dit de Caccini » interprété par l’Harmonie Union de Hunawihr, Alsace

Samedi après-midi 18 décembre 2021 à l’église fortifiée de Hunawihr, l’Harmonie Union de Hunawihr joue en interlude de la légende dorée de Saint-Nicolas contée par Caroline Claude-Bronner. Voici leur interprétation de l’Ave-Maria composé par Vladimir Vasilov et dit « de Caccini ».…

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Samedi après-midi 18 décembre 2021 à l’église fortifiée de Hunawihr, l’Harmonie Union de Hunawihr joue en interlude de la légende dorée de Saint-Nicolas contée par Caroline Claude-Bronner. Voici leur interprétation de l’Ave-Maria composé par Vladimir Vasilov et dit « de Caccini ». Michèle Schmidt chante.

Cet Ave Maria a été composé par Vladimir Vavilov.

Vladimir Fiodorovitch Vavilov est un guitariste, luthiste et compositeur russe (1925 – 1973). Il a étudié à Leningrad et a contribué au renouveau de la musique ancienne en Union soviétique. Vavilov a été interprète mais aussi compositeur et éditeur de musique ancienne.

Il a fréquemment attribué intentionnellement ses propres œuvres à d’autres compositeurs, généralement de la Renaissance ou de l’époque baroque, sans toutefois prêter attention au style musical du compositeur choisi.

Le plus célèbre de tous ses pastiches est cet Ave Maria qu’il a attribué à un « auteur inconnu du XVIe siècle ». Il a été composé en 1970 et publié par Vavilov lui-même dans un album « Musique de luth des XVIe et XVIIe siècles ».

L’attribution à Giulio Caccini (1551-1618) apparaît plus tard, dans un enregistrement d’Irina Bogatcheva de 1975 (après la mort de Vavilov en 1973). Pourtant, cet Ave Maria est très éloigné du style du compositeur italien des alentours de l600. Un compositeur de la Renaissance aurait composé sa musique sur l’intégralité du texte de la prière à la Vierge et non sur les deux seuls mots « Ave Maria ». En réalité, la censure soviétique interdisait toute référence à un texte religieux. Il était donc impossible de faire entendre plus que les deux mots « Ave Maria » qui pouvaient alors passer pour une salutation à n’importe quelle femme s’appelant Marie.

En 1987, l’Ave Maria de Caccini fut enregistré par Irina Arkhipova. Plusieurs années plus tard, la soprano lettone Inessa Galante l’enregistra à son tour en 1994 et 1995. L’ayant entendu en tournée (probablement en Russie), la chanteuse l’aurait transcrite afin de pouvoir l’interpréter lors de ses propres concerts. Le succès obtenu fut immédiat et immense, d’abord dans les pays baltes et en Russie, puis dans le reste du monde.

Les œuvres de Vavilov ont connu un grand succès commercial. Mais Vladimir Vavilov était déjà mort depuis bien longtemps (1973) dans la pauvreté la plus totale, d’un cancer du pancréas. Il n’a donc jamais pu profiter du succès commercial de son Ave Maria repris, par la suite, par de nombreux interprètes.

Images Jean-Paul Krebs – www.best-of-alsace.com

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