Barbonval-Mont Lozère par la diagonale du vide

A plusieurs reprises ces dernières années, j’ai entendu parler de la diagonale du vide. Un concept géographique qualifiant une zone constituée de départements peu denses en population. En gros une bande allant de la Meuse aux Landes et incluant des…

Barbonval-Mont Lozère par la diagonale du vide

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A plusieurs reprises ces dernières années, j’ai entendu parler de la diagonale du vide. Un concept géographique qualifiant une zone constituée de départements peu denses en population. En gros une bande allant de la Meuse aux Landes et incluant des départements gravitant autour du massif central.
Pour compléter ma série de voyages « distanciés » de 2020 (Coronavirus Tour, No man’s land Tour), j’ai donc décidé d’aller voir d’un peu plus prés ce fameux vide.

Partant de chez moi, je me suis dirigé vers le département le moins peuplé et le moins dense de France métropolitaine, à savoir la Lozère. Et, dans ce département, j’ai choisi comme point d’arrivée le Mont Lozère, lieu éminemment sauvage et désert.

Pour rallier la Lozère depuis l’Aisne, j’ai tracé mon itinéraire à travers les Ardennes, la Meuse, La Haute-Marne, la Côte d’or, la Nièvre, le Cher, l’Indre, la Creuse, la Corrèze,le Lot, le Cantal et l’Aveyron. J’ai également parcouru une partie de l’Ardèche et de la Haute-Loire pour rejoindre la gare du Puy-en-Velay.
En Somme, que des département moins peuplés que l’Aisne en traversant la plupart du temps des zones à moins de 30 habitants au km² pour une diagonale qui a pris la forme d’un S inversé (cf carte au début du film sur laquelle les départements les moins denses sont en vert foncé)

Chargé de mon attirail de camping, j’ai dormi dans les petits campings municipaux peu fréquentés sauf un soir où j’ai été accueilli par des amis du réseau warmshowers que je remercie chaleureusement.

Un célèbre adage prétend que la nature a horreur du vide. Ce voyage m’a démontré l’inverse.
Je me suis rendu compte que le vide est plein de beaux paysages préservés, de vastes forêts, de rivières aux rives sauvages, de petites routes peu fréquentées, de villes et villages non envahis par les zones commerciales et les lotissements mais aussi d’habitants pas encore blasés de voir passer des voyageurs à vélo.
Certes on n’y trouve pas d’Autoroutes, de lignes à grande vitesse, de fibre ou de 4G mais ceci ne m’a pas beaucoup manqué. (bien que n’étant pas amiche)
Pourtant, il faut bien le dire quand même, certains secteurs semblent se vider inexorablement de leurs habitants, de leurs commerces et certains villages m’ont paru bien fantomatiques.

Au final, ce terrain fut tout à fait propice pour un voyage tranquille au milieu de bien magnifiques espaces naturels dont le Morvan, la Vallée de la Creuse, le plateau de Millevaches, les vallées de la Dordogne, de la Cère, du Lot, du Tarn (liste non exhaustive). A cet égard, mon retour en train via quelques métropoles se révéla un peu brutal.

Lors de ce voyage, j’ai pu par ailleurs découvrir Saint-Géniez d’Olt (Aveyron) dans la vallée du Lot, petite cité dont était originaire une de mes arrières-arrières grands-mères venue de sa contrée lointaine pour travailler dans les vignes de la vallée de la Marne (et accessoirement me permettre d’exister 120 ans plus tard)

J’ai pu également retrouver quelques lieux de mon premier voyage à vélo, effectué en 2004 (je crois) à VTT sur le GR70, chemin qu’emprunta Robert Louis Stevenson avec son ânesse Modestine à travers les Cévennes .
Ceci me donne l’occasion de dédier ce voyage à mes camarades du Raid (Manu,Christophe, Antoine, Pierre, Olivier, Alex, Vince, Mick et Baptiste) avec lesquels j’avais partagé cette aventure humaine et quelques autres par la suite.

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